M. Ali Boulaaras, nouvellement installé à la tête du groupe des services portuaires (Serport), a, lors de son passage à l’émission « l’invité du jour » de la chaine III de la radio algérienne, décrypté les principaux axes reliés à la modernisation et au développement des services portuaires.
Par Malika Azeb
Présentant sa feuille de route, le nouveau PDG a affirmé que cette dernière repose sur « la mise en œuvre de la politique de modernisation, de développement des infrastructures, la hausse des capacités d’accueil et la numérisation ».
Il a également souligné l’ambition du groupe Serport de « faire de l’Algérie un acteur majeur entre la Méditerranée et l’Afrique en matière de logistique ».
M. Boulaaras a rappelé que les ports jouent un rôle stratégique dans les échanges commerciaux, « Le rôle des ports est névralgique, puisque 95% des échanges commerciaux passent par nos ports », a-t-il indiqué.
Face à la croissance de l’économie nationale, le nouveau PDG a souligné que l’Algérie fait face à grand défi.
Le nouveau PDG a relevé que le groupe compte 13 filiales, dont 10 chargées de la gestion des ports de commerce, avec trois d’entre eux dédiées aux hydrocarbures au niveau d’Arzew, Skikda et Bejaïa, les autres sont destinées aux marchandises diverses.
Concernant les échanges commerciaux, M. Boulaaras a fait savoir que « les résultats de 2025 étaient en hausse avec 133millions de tonnes traitées soit plus 4% par rapport à l’année 2024, 16.923 navires accueillis contre 15.141 soit plus 12% pour 2024 et plus de 2millions pour les conteneurs, import et export confondus soit plus 19%.
En ce qui concerne la réorganisation et la spécialisation des ports nationaux, le responsable de Serport a indiqué que ce chantier phare découlant de la dernière réunion présidentielle du 9 septembre, vise « une meilleure performance opérationnelle, une meilleure maitrise des délais d’attente des navires et un impact positif sur le cout du fret ».
Le port de Mostaganem constitue le premier point d’application de cette nouvelle orientation à travers une série de réalisation destinées à améliorer ses capacités d’accueil, de stockage et de traitement des marchandises.
« Le port de Mostaganem est désormais réservé aux importations et exportations des entreprises publiques », a affirmé M. Boulaaras, ajoutant que « le ministre y a inauguré une plateforme aux standards internationaux et lancé les travaux d’une zone supplémentaire de 5 hectares ».
Le choix selon ce responsable s’explique par la position du port précisant qu’il est bien connecté à la voie ferrée et aux routes », indiquant qu’une feuille de route d’aménagement et d’équipement est en cours.
Par ailleurs, la PDG de Serport a déclaré que le port phosphatier d’Annaba avance d’une manière accélérée, il s’agit ajoute-t-il « d’un complexe intégré pour la valorisation du phosphate te des produits miniers ».
Il a précisé que le port est de 1.600 mètres linéaires de quai, environ 16 mètres de profondeur et un terre-plein de 82 hectares, et une liaison ferroviaire le reliera aux gisements.
La réception du projet est attendue pour mars 2027, avec un volume additionnel de 8 à 10 millions de tonnes.
Quant aux exportations vers l’Amérique, l’Asie, l’Afrique et le Canada, elles sont déjà lancées à Skikda, Annaba et dans d’autres ports.
Il a indiqué que trois grands corridors, centre, est et ouest, doivent offrir une logistique maritime, ferroviaire et routière complète, « Notre ambition est de faire de l’Algérie un hub logistique incontournable entre la Méditerranée et l’Afrique », a affirmé le PDG, avec des plateformes à Annaba, Djendjen et Oran.
Le terminal d’Oran dispose de grues capables de 30 à 35 conteneurs par heure.
La mise en place du système de travail en continue au niveau des ports comme il a été décidé en mars dernier par le président de la République affiche des résultats probants, sachant que l’attente en rade a baissé de 24% et la durée moyenne de séjour de 13%.
« Le taux d’occupation des terminaux à conteneurs est passé de 110 % à moins de 40 % », a souligné M. Boulaaras.
« Ce régime a donné ses fruits sur le terrain », a indiqué M. Boulaaras, qui évoque des lettres de remerciement d’opérateurs.
Il vise désormais « à diminuer au maximum le coût de passage » par de nouveaux équipements de manutention.
En plus des réajustements menés aux niveaux des différents ports nationaux, le groupe Serport prévoit également la création d’un centre de formation pour tous les métiers portuaires à Mostaganem, « Serport prévoit un centre de formation pour tous les métiers portuaires à Mostaganem, encore au stade de projet et peut-être opérationnel, l’année prochaine », a fait savoir M. Boulaaras.
Ce centre servira également au recyclage et aux séminaires, avec des partenariats pour assurer un transfert d’expertise.
Concernant le domaine du numérique, ce responsable a indiqué que « la filiale APCS gère les formalités portuaires, sa plateforme est connectée au système de la douane et sera étendue aux assurances, aux banques, aux consignataires et aux transitaires, dans un futur très proche ».
Pour les voyageurs, un QR code renvoie vers un formulaire d’évaluation. M. Boulaaras a estimé que la communauté algérienne résidente à l’étranger est très satisfaite de la nouvelle procédure ajoutant que la saison 2026 est nettement meilleure que l’an dernier.
MA
