Lors de la deuxième rencontre internationale consacré à la préservation des sites d’art rupestre du Tassili n’Ajjer, organisée dans le cadre de la première édition de cet événement, les participants ont mis en avant la place privilégiée de l’Algérie à l’échelle mondiale dans ce type d’art dont elle regorge.
Par Malika Azeb
Mme Rym Kelouaz, chargée des programmes au fonds pour le patrimoine mondial africain (FPMA), a indiqué à cette occasion que « l’Algérie occupe une place importante dans le processus de préservation du patrimoine mondial sur le continent africain grâce à sa diversité civilisationelle, culturelle et naturelle exceptionnelle, ainsi qu’à l’expérience scientifique et de terrain accumulée par ses institutions dans le domaines de la recherche archéologique, de la protection des sites patrimoniaux et de la gestion des sites classés ».
Elle a également estimé que « l’art rupestre, outre sa valeur scientifique, constitue une source importante pour comprendre le parcours historique du continent africain à travers les dessins et représentations animales, humaines et végétales, ainsi que pour découvrir les modes de vie des peuples anciens et leur adaptation aux changements climatiques dans cet environnement ».
Ces témoignages ” permettent également d’approfondir l’exploration des sociétés africaines, de leurs traditions et de rétablir leur place et leur présence dans l’histoire de l’Humanité”. Quant au président de l’Union arabe des médias du patrimoine, Youcef El Kazem, de l’Etat du Qatar, a de son coté exprimé sa grade admiration pour ce patrimoine civilisationel et archéologique exceptionnel qu’il a découvert lors de sa visite dans la ville de Djanet, en compagnie d’une délégation de l’Union, estimant que les particularités de cette région en font « un espace magnifique et unique au monde, qui reflète la richesse de l’Algérie en matière de patrimoine universel ».
Le conservateur de la réserve naturelle nationale nigérienne de l’Aïr et du Ténéré (RNNAT), Ganda Amadou, a pour sa part affirmé que l’art rupestre en Algérie est « très riche et diversifié », notamment « les gravures et les dessins représentant l’homme, les animaux et les activités humaines pratiquées durant l’Antiquité ».
Ajoutant que « Ces vestiges archéologiques permettent de découvrir les modes de vie des anciennes communautés humaines et leurs activités de chasse et de cueillette, ainsi que de suivre l’évolution de la faune et les transformations qu’a connues l’environnement saharien au fil du temps ».
Dans le même sens, le photographe japonais Takayuki Hanafusa a mis en avant la valeur exceptionnelle des gravures rupestres dans la région du Tassili, estimant qu’elles constituent « une richesse patrimoniale d’une grande importance pour l’humanité, compte tenu de la diversité de leurs thèmes et de la précision de leurs détails artistiques, en plus d’être un témoin de l’histoire de l’humanité et de l’évolution des civilisations dans la région ».
Dans le volet touristique, le directeur du Parc culturel du Tassili n’Ajjer, Abdelhak Hafaoui a mis en exergue l’importance De ce Festival dans la promotion de la destination touristique Algérie et le renforcement du développement durable dans la région.
En marge de la rencontre internationale sur la gestion et la conservation de l’art rupestre du Tassili n’Ajjer, organisée sous le haut patronage du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune M. Hafaoui a affirmé que l’organisation de la première édition de ce festival coïncide avec le lancement de la nouvelle saison touristique dans la région , ce qui aurait un véritable impact sur la promotion touristique et la réalisation du développement durable grâce à la richesse diversifiée du parc culturel du Tassili n’Ajjer.
Il a ajouté que le fait que le festival coïncide avec le lancement de la nouvelle saison touristique, l’économie de la région de Djanet connaitra un développement important notamment à travers le soutien à l’artisanat, l’ouverture de nouvelles opportunités commerciales pour les artisans, la création d’emplois pour les jeunes dans le domaine de l’accompagnement touristique et dans d’autres secteurs.
« L’art rupestre et les sites archéologiques du Parc culturel du Tassili n’Ajjer, situé dans l’extrême sud-est de l’Algérie et inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1982, « constituent une plateforme par excellence pour la promotion touristique en Algérie », a estimé le responsable, soulignant que ces sites représentent « une destination touristique d’exception, prisée par les agences de tourisme, offrant de grandes possibilités de découverte de ces sites naturels et de promotion du tourisme, contribuant ainsi au développement durable ».
M. Hafaoui a rappelé que la nouvelle saison touristique, lancé au début du mois en cours, devrait attirer entre 19.000 et 20.000 touristes étrangers et locaux, un peu plus que la précédente saison qui a enregistré 17.000 touristes dans la région.
Afin de faciliter l’accès au site, une coopération entre le Parc culturel du Tassili n’Ajjer et les agences de tourismes est mise en place pour faciliter la délivrance des autorisations de visite et la programmation des circuits touristiques au sein du parc à travers les wilayas de Djanet et d’Illizi.
Le responsable a souligné que « plusieurs sites de peintures et de gravures rupestres du Parc culturel du Tassili n’Ajjer, de renommée mondiale, suscitent l’intérêt des touristes étrangers et nationaux », citant notamment la Vache qui pleure à Tigharghart et les sites de Tin Taghirt et de Timghas.
Le site Séfar et la Tadrart rouge figurent parmi les principaux sites de peintures rupestres attirant les touristes, tandis que l’Oued Djerat à Illizi constitue le site de gravures rupestres le plus prisé.
Créé en 1972, le Parc culturel du Tassili n’Ajjer, qui s’étend sur 138.000 km2, a « fait l’objet, à ce jour, d’un inventaire portant sur 37 % de sa superficie », a fait savoir l’intervenant, précisant que cet inventaire a permis de « recenser 29.000 sites, comprenant des sites d’art rupestre, des sites naturels, des monuments funéraires et d’autres sites archéologiques ».
Evoquant les défis et les mécanismes de protection de cet important patrimoine archéologique et historique, le directeur du Parc culturel du Tassili a indiqué que « l’immensité de ce parc et la richesse de son patrimoine culturel et naturel commun nécessitent le renforcement des ressources humaines, notamment par le recrutement de gardiens des sites archéologiques et de guides et la mobilisation des moyens nécessaires à l’entretien et à l’aménagement des airs de stationnement des véhicules, ainsi qu’au renforcement des moyens de surveillance, afin de préserver ce patrimoine mondial millénaire ».
MA
