Des immeubles qui s’effondrent et tuent des personnes, cela arrive partout dans le monde. Des travaux réalisés dans la précipitation, des lois non respectées ou la corruption sont à l’origine de catastrophes meurtrières qui se répètent de Douala à Nairobi, en passant par Dacca, Miami et Lagos.
Par Hamida Indja
Quatre personnes, dont trois enfants, sont mortes après l’effondrement d’une partie d’un immeuble en construction, dans la nuit de vendredi à samedi, dans le quartier de Bonaloka, à Douala, au Cameroun. Une partie du bâtiment est tombée sur une maison voisine. Un autre enfant a été blessé et transporté à l’hôpital. Les pompiers et les policiers ont extrait les victimes des décombres. Une enquête a été ouverte afin de déterminer les causes de cet accident. Ce phénomène a été constaté dans de nombreux pays.
Le 24 avril 2013, l’immeuble du Rana Plaza s’est effondré à Savar, près de Dacca, la capitale du Bangladesh. Cette terrible catastrophe a causé la mort de 1 136 personnes et fait des milliers de blessés, principalement parmi les ouvriers qui travaillaient dans les usines de confection installées dans le bâtiment.
Des fissures avaient été constatées la veille de l’accident, mais les travailleurs avaient malgré tout été contraints de reprendre leur travail le lendemain. Les enquêtes ont révélé de graves défauts de construction et de non-respect des règles de sécurité.
Plusieurs procès ont été engagés après ce drame. Toutefois, en avril 2026, les principales procédures concernant les décès et les malfaçons n’étaient toujours pas achevées. Les retards s’expliquent notamment par l’absence de nombreux témoins. Le propriétaire, Sohel Rana, a été condamné dans une autre affaire liée à des faits de corruption ou à des biens mal acquis, mais le principal procès relatif à cette catastrophe n’est pas pour autant terminé.
Le 24 juin 2021, une partie d’un grand immeuble résidentiel, le Champlain Towers South, s’est également effondrée à Surfside, près de Miami, en Floride, aux États-Unis. Cette catastrophe a fait 98 morts.
En juin 2026, un organisme officiel américain a présenté les causes de l’effondrement. Le drame a commencé lorsque des piliers du parking et le plancher de la terrasse de la piscine ont cédé. La solidité du bâtiment avait été compromise par des erreurs de construction, la corrosion et des modifications apportées à l’immeuble.
Des procédures judiciaires ont également été engagées afin d’indemniser les familles des victimes. Un juge a approuvé le versement de plus d’un milliard de dollars aux familles, mais il n’y a pas eu de procès pénal. L’enquête vise seulement à comprendre les causes de la catastrophe afin de renforcer la sécurité des bâtiments à l’avenir.
Dans le quartier d’Ikotun, à Lagos, au Nigeria, un immeuble de plusieurs étages servant d’hébergement aux visiteurs de l’église « Synagogue Church of All Nations » s’est effondré le 12 septembre 2014. Cette catastrophe a fait 116 morts.
Une enquête judiciaire a révélé plusieurs irrégularités : le propriétaire ne disposait pas des autorisations nécessaires pour construire, les fondations étaient trop fragiles et les plans présentaient des défauts. De plus, le bâtiment comptait davantage d’étages que le nombre initialement autorisé.
Des poursuites ont été engagées contre l’église et les ingénieurs chargés des travaux. En 2021, l’affaire était toujours en attente d’une décision définitive du tribunal. Il reste difficile de savoir si un jugement définitif a été rendu depuis.
Le 29 avril 2016, dans le quartier de Huruma, à Nairobi, au Kenya, un immeuble de six étages s’est effondré pendant la saison des pluies, faisant 49 morts. La construction avait été réalisée à la hâte, dans une zone marécageuse, avec des matériaux de mauvaise qualité, des fondations insuffisantes et sans autorisation municipale.
Le propriétaire et les responsables du chantier ont rapidement été arrêtés pour leur responsabilité présumée dans ces décès. Par la suite, la justice s’est penchée sur les graves irrégularités et les faits de corruption impliquant le propriétaire et certains employés.
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