Clôture de la 10e édition du Mois de l’amnistie en Afrique / Les armes doivent se taire !

 

 

  Paix, sécurité, lutte contre la prolifération des armes et déminage étaient au cœur des travaux de la 10e  édition du Mois de l’amnistie en Afrique, clôturée hier à Alger. Les participants ont adopté plusieurs recommandations pour renforcer l’action continentale et accélérer la mise en œuvre de l’initiative « Faire taire les armes ».

 

Par Malika Azeb

 

La 10e édition du Mois de l’amnistie en Afrique a pris fin hier soir à l’hôtel El Aurassi, à Alger, avec l’adoption de plusieurs recommandations portant sur la paix et la sécurité sur le continent. Les participants ont notamment appelé à renforcer le contrôle de la prolifération des armes légères et de petit calibre (ALPC), tout en réaffirmant l’importance du rôle du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) dans la préservation de la stabilité du continent.

Organisée pour la première fois en Afrique du Nord, cette édition s’est tenue sous le thème : « Promouvoir l’initiative, faire taire les armes et renforcer la paix durable grâce au partage d’expérience en matière de contrôle des armes légères et de petit calibre et d’action de déminage ».

Intervenant à cette occasion, le secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé de la Communauté nationale à l’étranger, Sofiane Chaib, a relevé deux particularités majeures de cette édition.

La première réside dans le fait que l’Algérie accueille, pour la première fois en Afrique du Nord, cette rencontre continentale. Un choix qui traduit, selon lui, l’engagement du pays à poursuivre sa contribution aux efforts africains en faveur de la paix et de la sécurité.

M. Chaib a souligné, dans ce cadre, la nécessité de renforcer les mécanismes et les organes de l’UA chargés de la prévention et du règlement des conflits. Il a plaidé pour une approche globale et proactive, fondée sur le principe des « solutions africaines aux problèmes africains », tout en s’attaquant aux causes profondes des conflits et en privilégiant des réponses pratiques à la prolifération illicite des armes à feu.

La deuxième particularité de cette édition concerne l’importance accordée au déminage. Les mines antipersonnel, les restes explosifs de guerre et les résidus de la colonisation constituent encore une menace dans plusieurs régions du continent. Ils continuent de faire des victimes civiles, mais aussi d’entraver la reprise économique, l’accès aux terres agricoles et l’exploitation de nombreuses zones productives.

Pour le secrétaire d’Etat, le choix de l’Algérie constitue ainsi une reconnaissance de son expérience dans l’élimination des mines héritées de la colonisation. Il a également rappelé son expérience dans la lutte contre la criminalité organisée et le terrorisme.

Au-delà de sa dimension symbolique, cette rencontre représente, selon M. Chaib, une véritable plateforme d’échange sur les moyens de faire progresser l’Agenda africain de paix et de sécurité, conformément aux décisions de l’UA et à son Acte constitutif.

Il a insisté sur le contexte particulièrement difficile dans lequel se tient cette édition. Face aux défis sécuritaires qui se multiplient sur le continent, il a appelé à accélérer l’activation des mécanismes africains de prévention et de règlement des conflits et à privilégier des solutions issues du continent lui-même.

L’objectif est également de répondre aux aspirations des peuples africains et de permettre à l’UA de jouer pleinement son rôle dans l’instauration de la paix et de la sécurité.

 

Des recommandations concrètes

 

Présentant le bilan des travaux, Sofiane Chaib a fait état d’un consensus autour de plusieurs recommandations. Les participants ont notamment appelé à intensifier les campagnes de sensibilisation dans l’ensemble des Etats membres de l’UA sur les dangers liés à la prolifération des armes et à la présence des mines issues de la colonisation.

Ils ont également insisté sur la nécessité de traduire les décisions de l’organisation continentale en actions concrètes sur le terrain. Il s’agit notamment d’empêcher l’accès aux armes aux groupes terroristes et criminels et de renforcer le contrôle de la fabrication des armes, des équipements sensibles et des explosifs.

Une attention particulière a été accordée à la mobilisation de la société civile, de la jeunesse, des femmes, des intellectuels et des médias. Ces acteurs doivent contribuer à promouvoir la réconciliation, le vivre-ensemble et la culture de la paix, mais aussi à soutenir les stratégies continentales visant à « faire taire les armes » à l’horizon 2030.

Le déminage et les programmes de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) figurent également parmi les priorités identifiées.

Les Etats membres ont, par ailleurs, été encouragés à adopter des législations contraignantes afin d’empêcher que les armes, les explosifs et les équipements sensibles ne tombent entre les mains des groupes terroristes et criminels, dont les méthodes et les capacités ne cessent d’évoluer.

 

Tirer profit de l’expérience algérienne

 

De son côté, le président du CPS de l’UA pour le mois de septembre 2026, l’ambassadeur et représentant permanent du Bénin auprès de l’UA, Hervé Djokpe, a salué le choix de l’Algérie pour abriter cette 10e édition.

Il a estimé que cette décision constitue une reconnaissance du rôle joué par l’Algérie dans la promotion de la paix et de la sécurité en Afrique, ainsi que de son expérience dans ce domaine.

Selon lui, les travaux ont permis aux membres du CPS de parvenir à un consensus sur les moyens de faire avancer l’initiative « Faire taire les armes », notamment à travers le partage des expériences et des expertises entre les Etats africains.

M. Djokpe a appelé à tirer davantage profit de l’expérience algérienne afin de contribuer à bâtir une Afrique prospère, où les populations bénéficient de sécurité et de stabilité.

Il a enfin plaidé pour une approche globale de la sécurité, associant les dimensions civiles aux aspects militaires. Le respect des droits de l’homme, ainsi que la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, doivent également, selon lui, faire partie intégrante des réponses apportées aux défis sécuritaires du continent.

 

M.A

 

 

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