Le Festival international du film arabe d’Oran a inauguré, samedi à la Cinémathèque d’Oran, un ciné-club baptisé du nom du regretté cinéaste algérien Lamine Merbah. Cette initiative a pour ambition de développer la culture cinématographique et de maintenir une activité consacrée au septième art durant toute l’année.
Par Malek Gaya
Lancée à l’occasion de la commémoration du 65e anniversaire des manifestations du 17 octobre 1961, cette démarche intervient dans le cadre des préparatifs de la 14e édition du festival, prévue du 18 au 24 décembre prochain. Elle vise également à honorer la mémoire du réalisateur disparu et à mettre en valeur sa contribution à l’enrichissement du cinéma algérien.
Le commissaire du festival, Larbi Lakhal, a expliqué que ce nouvel espace permettra de prolonger les activités cinématographiques au-delà des six jours consacrés chaque année à la manifestation. Il offrira ainsi un lieu de rencontre permanent aux amateurs de cinéma, aux professionnels du secteur et aux personnes intéressées par la vie culturelle.
La première activité du ciné-club sera marquée par la projection du documentaire « Béni Hendel », l’une des œuvres les plus remarquables du défunt réalisateur. Également connu sous le titre « Les Déracinés », ce film retrace le drame des paysans algériens dans la région de l’Ouarsenis durant la colonisation française. Il dénonce les politiques d’aménagement des terres et les déplacements de populations, contraintes d’abandonner leurs propriétés et leurs moyens de subsistance.
Larbi Lakhal a souligné que cette initiative participe à la préservation de la mémoire cinématographique nationale et à la promotion des œuvres réalisées par les cinéastes algériens.
À cette occasion, il a annoncé la désignation du réalisateur Mohamed Houidek comme président d’honneur de la 14e édition du Festival international du film arabe d’Oran. Considéré comme une figure importante du cinéma et de la télévision en Algérie, celui-ci a notamment marqué l’histoire de la production télévisuelle au sein de la station régionale d’Oran de la Télévision algérienne. Son parcours artistique s’étend sur plus de quatre décennies.
Pour sa part, la directrice artistique du festival, Nabila Rezaïk, a précisé que la création de ce ciné-club s’inscrit dans une nouvelle stratégie fondée sur la programmation d’activités avant et après la manifestation officielle. L’objectif est de rapprocher davantage le festival du public, d’élargir la participation culturelle et de dynamiser la vie cinématographique à Oran.
Elle a fait état d’un programme prévu pour octobre et novembre, comprenant des projections de films, des ateliers et des rencontres, ainsi qu’un rendez-vous culturel organisé le 24 de chaque mois en prévision de la prochaine édition. Ces initiatives permettront aux spectateurs de découvrir l’esprit du festival et différentes facettes du patrimoine cinématographique algérien avant le lancement officiel de ses activités.
Le festival entend aussi renforcer son soutien aux jeunes talents, notamment à travers la plateforme « Basta Cinéma », qui accompagne sept jeunes Algériens dans le développement de projets de longs métrages, de films d’animation et de documentaires. Les participants bénéficieront également d’un encadrement et d’une formation leur permettant de présenter leurs projets et de les défendre devant des jurys internationaux.
Avec le ciné-club « Lamine Merbah », les organisateurs souhaitent enfin consolider les partenariats avec les associations, les professionnels et les différents intervenants du secteur cinématographique. Ils ambitionnent également de mettre en place un réseau de ciné-clubs pour ancrer davantage la culture du cinéma et renforcer la présence du septième art dans la vie culturelle locale, au-delà des événements ponctuels.
M.G
