Elon Musk affirme que l’implant cérébral Blindsight de Neuralink est prêt pour des essais chez l’humain. L’entreprise espère à terme redonner la vue aux personnes aveugles et améliorer la mobilité des patients paralysés.
Par Yakout Abina
Elon Musk affirme que Blindsight, l’implant cérébral développé par Neuralink pour restaurer la vision, est désormais prêt et n’attend plus que l’autorisation des autorités compétentes pour être testé chez l’être humain. Le milliardaire assure également que sa technologie pourrait, à terme, permettre à certaines personnes paralysées de retrouver l’usage de leurs membres.
Dans plusieurs messages publiés sur le réseau social X, le patron de Neuralink a déclaré que Blindsight pourrait offrir une forme de vision à des personnes totalement aveugles, y compris celles nées sans la vue. Selon lui, cette technologie serait capable de transmettre directement au cerveau des informations visuelles captées par une caméra, sans passer par les yeux ni par le nerf optique.
Elon Musk nourrit également des ambitions plus larges. Il estime que, dans les prochaines années, les implants de Neuralink pourraient transmettre les signaux du cerveau directement aux bras et aux jambes de patients paralysés. Une avancée qui leur permettrait, selon lui, de retrouver certains mouvements, voire de remarcher.
Pour l’instant, ces promesses restent toutefois théoriques. Aucun patient n’a encore reçu l’implant Blindsight et aucune personne paralysée n’a retrouvé la marche grâce aux technologies de Neuralink.
L’entreprise poursuit toutefois le développement de Telepathy, un implant cérébral destiné aux personnes souffrant de paralysie sévère. En janvier 2024, un premier patient tétraplégique a reçu le dispositif. Depuis, plusieurs autres participants ont rejoint le programme d’essais cliniques mené aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni et aux Émirats arabes unis.
Telepathy permet de contrôler un ordinateur uniquement par la pensée. Les signaux émis par les neurones sont interprétés par un logiciel qui les transforme en commandes numériques. Les utilisateurs peuvent ainsi déplacer un curseur, cliquer sur des icônes, écrire du texte ou jouer à des jeux vidéo sans utiliser leurs mains.
Selon Neuralink, 21 participants prenaient part à ses essais cliniques à la fin du mois de janvier 2026, contre 12 quelques mois plus tôt. Les études sont actuellement menées aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni et aux Émirats arabes unis.
Neuralink travaille également sur le contrôle de bras robotisés et sur des solutions destinées à redonner la parole chez les personnes ayant perdu cette capacité. mais la restauration de la marche représente toutefois un défi bien plus complexe. Chez les personnes victimes d’une lésion de la moelle épinière, le cerveau continue généralement de produire les signaux nécessaires au mouvement, mais ceux-ci ne peuvent plus atteindre les muscles.
Elon Musk envisage de contourner cette interruption en captant les commandes directement dans le cerveau avant de les transmettre aux membres concernés. Cependant, l’entreprise n’a pas encore expliqué en détail comment une telle connexion pourrait être établie entre l’implant cérébral et les nerfs des bras ou des jambes.
Concernant la vision artificielle, Blindsight demeure également à un stade préliminaire. L’implant repose sur des microélectrodes capables de stimuler directement le cortex visuel, la région du cerveau chargée de traiter les informations provenant habituellement des yeux.
En septembre 2024, la Food and Drug Administration (FDA) américaine a accordé à Blindsight le statut de « dispositif innovant », une désignation qui permet d’accélérer les échanges avec les autorités sanitaires. Cette reconnaissance ne constitue toutefois pas une autorisation de test chez l’être humain.
Si Elon Musk avait annoncé en 2025 une première implantation de Blindsight chez un patient avant la fin de l’année, cet objectif n’a finalement pas été atteint. À ce jour, Neuralink n’a publié que des résultats obtenus sur des singes. Lors d’une conférence scientifique en juin 2025, un ingénieur de l’entreprise a indiqué qu’un primate équipé de l’implant réagissait à des stimuli visuels artificiellement générés dans son cerveau.
Aucune étude clinique impliquant Blindsight ne figure actuellement parmi les essais recensés par Neuralink. L’entreprise rappelle d’ailleurs que ses dispositifs restent expérimentaux et qu’aucune autorité sanitaire, y compris la FDA, n’a encore approuvé leur utilisation commerciale.
Y.A
