Militarisation des robots humanoïdes Bientôt des soldats robots dans les conflits armés ?

La Chine franchit une étape décisive dans la militarisation des technologies émergentes, ses robots humanoïdes, autrefois cantonnés aux démonstrations sportives ou artistiques, sont désormais testés sur le champ de bataille.

 

 

Par Yakout Abina

Longtemps cantonnée aux écrans de cinéma, l’image de soldats mécaniques sort désormais de la fiction pour s’imposer dans la réalité militaire chinoise. Ce qui relevait de Terminator ou de Matrix prend corps dans les laboratoires et sur les terrains d’essais. Selon une récente enquête de Reuters, l’Armée populaire de libération (APL) chinoise teste désormais l’utilisation de robots humanoïdes sur le champ de bataille, évaluant leur interaction avec les troupes et leur efficacité en situation de combat. Lors d’un exercice récent, une unité d’androïdes a neutralisé des ennemis fictifs dans un immeuble de plusieurs étages. Ces machines autrefois programmés pour danser, boxer ou courir le 100 mètres, sont désormais intégrées à des manœuvres militaires, elles livrent des vivres, assurent des missions de surveillance et participent directement aux combats.

Les images de robots armés ne relèvent plus seulement de la science-fiction. Lors des Jeux mondiaux de robots humanoïdes organisés en Chine, certains modèles ont couru le 100 mètres plus vite qu’Usain Bolt, tandis que d’autres sautaient, boxaient ou exécutaient des chorégraphies. Les spectateurs ont applaudi autant pour leurs prouesses que pour leurs chutes. Deux jours après la clôture de la compétition, le Quotidien de l’Armée populaire de libération, Jiefangjun Bao, appelait les chercheurs à accélérer le transfert de ces technologies vers les terrains d’entraînement militaire, afin de transformer les robots en soldats opérationnels.

Une « enquête » de Reuters, fondée sur plus de cent documents (avis de marchés publics, études universitaires, brevets, publications officielles ), confirme que l’appareil de défense chinois intensifie ses recherches sur les applications militaires des humanoïdes. Les instituts spécialisés multiplient les tests pour comprendre leur comportement au combat et leur interaction avec les unités humaines. Les chiffres témoignent de cette domination, au premier semestre 2026, les fabricants chinois ont assuré plus de 97 % des livraisons mondiales de robots humanoïdes. Pékin observe aussi de près la guerre en Ukraine, où drones semi-autonomes et robots d’évacuation des blessés sont déjà déployés.

La Chine n’est pas seule dans cette course. Aux États-Unis, l’entreprise Foundation Future Industries teste ses robots Phantom en Ukraine et prévoit d’expérimenter des scénarios d’armement dès 2027. Euronews avertissait récemment que des humanoïdes dopés à l’intelligence artificielle pourraient devenir des armes d’ici cette échéance. Mais la chine  conserve une longueur d’avance. Pour Génération-NT, l’intérêt de la Chine pour les robots humanoïdes de combat répond à une double stratégie qui serait de combler un déficit démographique et acquérir une supériorité technologique décisive.

En juillet dernier, des manœuvres menées à Changsha ont testé la capacité de robots humanoïdes à neutraliser des ennemis dans un immeuble. Divisés en deux groupes, ils ont collaboré avec des chiens robotisés et des véhicules autonomes pour progresser étage par étage. Leur morphologie humaine leur permet d’utiliser portes, escaliers et outils conçus pour les soldats. Le concept chinois ne vise pas à remplacer l’armée par des machines, mais àcréer une combinaison hybride, humains, androïdes, drones et véhicules autonomes. Le robot inspecte une zone dangereuse, l’humain reste à distance et prend les décisions stratégiques. Les sources militaires évoquent déjà des manœuvres intégrant systèmes habités et systèmes autonomes.

Cette révolution n’est pas sans limites. Le professeur américain Aaron Johnson rappelle que les robots consomment énormément d’énergie et que leur comportement peut devenir imprévisible hors du contrôle humain. La fiabilité, la sécurité des interactions et la responsabilité juridique en cas d’accident restent des questions ouvertes. Par ailleurs, l’armée de l’air chinoise prévoit dès le mois prochain d’utiliser un système basé sur l’intelligence artificielle pour planifier des opérations impliquant plus de cent unités. Une étape supplémentaire vers une automatisation massive des forces armées.

La militarisation des humanoïdes marque un tournant. La chine ne se contente plus d’exhiber ses avancées technologiques, elle prépare activement la prochaine génération de ses forces armées. C’est ce sont certains les Occidentaux.  Eux aussi, ils y pensent sans aucun doute, eux qui transforment toutes les belles inventions en armes redoutables. Eux qui ont déjà inventé pour le cinéma Terminator et Robocop. Il n’est pas beau l’avenir qui attend nos enfants…si nous n’humanisons pas les progrès de la science. Qui a déjà dit science sans conscience… ?

Y.A

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