C’est à la Bibliothèque nationale d’Algérie qu’a eu lieu, lundi, une journée dédiée à la formation des jeunes professionnels de l’édition, placée sous l’intitulé “De la conception à la fabrication du livre”. Organisée par le Centre national du livre, cette rencontre a réuni éditeurs et auteurs issus de différentes wilayas, sous la présidence de Malika Bendouda, ministre de la Culture et des Arts.
Par Kahina Baghdad
Prenant la parole, Mme Bendouda a rappelé que cet événement s’inscrit pleinement dans les attributions de son ministère, lequel avait déjà tenu, en 2026, un forum dédié aux nouveaux entrants dans le secteur, ayant notamment permis de collecter leurs doléances et préoccupations.
La ministre a tenu à souligner l’investissement de l’État algérien en faveur du livre, matérialisé par la loi de 2015 et ses décrets d’application, mais aussi par la mise en place d’un réseau de 45 bibliothèques principales avec leurs annexes et la création du Centre national du livre. Elle a qualifié le livre de “levier du développement culturel et économique” et de “composante essentielle des industries créatives”, insistant sur son rôle stratégique.
Face aux bouleversements induits par le numérique, Mme Bendouda a jugé indispensable de “redonner toute sa valeur à la parole écrite”, qu’il s’agisse du livre imprimé ou de sa version dématérialisée, tout en appelant auteurs et éditeurs à assumer pleinement leurs responsabilités.
Sur le plan organisationnel, elle a annoncé la création d’un établissement dédié à la gestion du Salon international du livre et des salons nationaux, ainsi que l’adhésion du ministère au guichet unique du ministère des Finances. Ce dispositif ouvrira aux éditeurs l’accès à plusieurs services électroniques liés à l’import-export de livres, simplifiant les démarches et garantissant davantage de transparence. Elle a par ailleurs précisé que les établissements culturels s’étaient engagés à acquérir au moins 75 % des ouvrages publiés par des éditeurs algériens.
Le directeur du Centre national du livre, Djamel Yahiaoui, a pour sa part présenté cette initiative comme un tremplin pour “une nouvelle génération de jeunes éditeurs”, visant à renforcer l’industrie du livre en tant que “pilier de l’identité nationale et ressource économique stratégique”. Il a souligné que cette rencontre reflète également la volonté de l’État de moderniser ses politiques culturelles en les ancrant dans une vision résolument innovante.
La journée s’est articulée autour de cinq ateliers conduits par des éditeurs, universitaires et spécialistes, abordant successivement les étapes de la chaîne du livre, la législation sectorielle, la gestion des maisons d’édition, les contrats et droits d’auteur, ainsi que les perspectives du livre numérique et audio.
K.B
