L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a lancé un appel urgent à la communauté internationale. Une nouvelle variante de la fièvre aphteuse, une maladie animale hautement contagieuse et potentiellement dévastatrice pour les élevages, a été détectée au Proche-Orient, avec plusieurs cas également signalés en Europe. L’organisation appelle à une action rapide pour limiter les dégâts économiques et protéger les éleveurs.
Par Chaimaa Sadou
Le lundi 5 mai 2025, la FAO — l’agence onusienne chargée de la sécurité alimentaire mondiale — a averti du risque croissant lié à la propagation de cette maladie. Bien que la fièvre aphteuse n’affecte pas l’être humain, elle provoque chez les animaux des lésions douloureuses, notamment au niveau de la bouche et des pieds. Chez les jeunes animaux, elle peut entraîner la mort. Outre l’impact sanitaire, la maladie affecte gravement la productivité des élevages, réduisant la production de lait et de viande, et occasionnant des pertes économiques considérables pour les éleveurs.
La FAO a récemment identifié une nouvelle souche du virus, baptisée SAT1, dans plusieurs pays du Proche-Orient, notamment en Irak, au Bahreïn et au Koweït. Cette variante, dont l’origine serait l’Afrique de l’Est, n’avait encore jamais été observée dans cette région. Les experts s’inquiètent d’une propagation rapide, notamment en raison des mouvements transfrontaliers de bétail.
En Europe, plusieurs cas ont été recensés ces derniers mois. Le virus est d’abord apparu en Allemagne, puis en Hongrie et en Slovaquie. Il s’agit du premier retour du virus dans l’Union européenne depuis 2011. Heureusement, l’Allemagne est parvenue à contenir l’épidémie et a été déclarée exempte de la maladie.
Face à cette situation, la FAO insiste sur la nécessité de renforcer les mesures de prévention. L’organisation recommande une surveillance accrue des troupeaux, la vaccination systématique des animaux, le contrôle des déplacements de bétail, ainsi qu’un renforcement des règles d’hygiène dans les exploitations agricoles.
Chaque année, la fièvre aphteuse est responsable de pertes économiques mondiales estimées à plus de 21 milliards de dollars, en raison des baisses de production et du coût des campagnes de vaccination. Ces pertes sont encore aggravées par les perturbations qu’elle provoque dans le commerce international, ainsi que par ses effets particulièrement sévères sur les petits éleveurs en zones rurales.
La FAO appelle tous les pays concernés à intensifier leur coopération. Seule une action coordonnée à l’échelle régionale et internationale permettra de stopper la propagation de cette maladie animale et de protéger durablement les systèmes d’élevage.
C.S
