Les États-Unis prennent le contrôle d’une partie du pétrole vénézuélien. Un accord signé par Les Etats-Unis permet désormais d’acheminer directement l’or noir du Venezuela vers les raffineries américaines. Cette décision met fin à des années d’embargo et redessine l’économie mondiale.
Par Rihab Taleb
Le sous-sol du Venezuela regorge de richesses inestimables avec plus de 300 milliards de barils de pétrole brut estimés, ce qui représente les réserves prouvées les plus importantes de la planète, surpassant même celles des géants du Moyen-Orient. Cependant, en raison des années d’embargo initié en 2019, de la mauvaise gestion chronique et de la vétusté avancée des infrastructures locales, la production nationale vénézuélienne plafonnait récemment autour de 1,2 million de barils par jour, un chiffre loin du pic historique de plus de 3 millions de barils quotidiens atteint par le passé. L’accord stratégique scellé sous l’égide des Etats-Unis prévoit de mobiliser près de 100 milliards de dollars d’investissements privés internationaux pour propulser à terme la production globale des zones concernées vers l’objectif de 1 million de barils quotidiens rien que pour les champs visés.
La société North American Blue Energy Partners (NABEP), un acteur qui orchestre l’exploitation de dix-sept champs pétroliers majeurs répartis dans des zones névralgiques telles que le lac de Maracaibo et la célèbre ceinture de l’Orénoque. L’accord prévoit que les intérêts américains détiennent une participation de 35% dans la structure de la société et s’assurent surtout le privilège d’acheter à prix coûtant 20 % de la production de ces gisements, une fois la part de la compagnie nationale PDVSA servie. Ce brut lourd et dense est acheminé par voie maritime vers les côtes américaines, où des raffineries spécialisées et technologiques sont spécialement configurées pour traiter cette consistance spécifique afin d’en extraire des carburants raffinés à haute valeur ajoutée.
Pour l’économie américaine, cette opération est vitale pour deux raisons principales. D’abord, il s’agit de sécuriser des approvisionnements énergétiques stables et durables à des tarifs compétitifs, réduisant la dépendance du pays vis-à-vis d’autres zones d’instabilité mondiale. Ensuite, l’arrivée de ce pétrole supplémentaire sur le marché mondial doit aider à stabiliser, voire à contenir durablement, les prix du carburant à la pompe pour les consommateurs américains, un indicateur politique et économique crucial à l’approche des échéances électorales de mi-mandat. Du côté du Vnezuela, les projections macroéconomiques et les termes du contrat indiquent que ce partenariat de long terme permettra de générer 209 milliards de dollars de recettes fiscales et de redevances rien que pour les vingt-cinq premières années, tout en soutenant des milliers d’emplois directs et indirects pour relancer un secteur largement affaibli et redonner du pouvoir d’achat à une population touchée par l’inflation.
En prenant le contrôle du pétrole vénézuélien, les États-Unis réussissent un grand coup pour leur économie. Cette décision modifie la situation pour tout le monde. Au même temps, de grandes entreprises comme Chevron reviennent en force sur place, ce qui montre que le pays n’est plus bloqué et que les grands groupes occidentaux refont du business. C’est la fin de plusieurs années d’interdictions et de fermeture pour le Venezuela. Même si tout cela est illégal aux yeux du droit international.
R.T
