Lors d’une rencontre organisée mardi dernier par le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Wassim Kouidri, avec les opérateurs économiques invités à exposer leurs problématiques, le ministre a présenté les différentes ambitions des autorités liées à l’accompagnement des opérateurs dans l’exportation de leurs produits, à travers des facilitations douanières, l’assouplissement administratif, l’accompagnement financier et la promotion des produits nationaux à l’étranger.
Par Malika Azeb
Intervenant dans l’émission « L’Invité du jour », diffusée par la Chaîne III de la Radio algérienne, le chargé d’études et de synthèse au ministère de l’Industrie pharmaceutique, Redha Belkacemi, a décrypté cette vision destinée à transformer les capacités industrielles nationales en opportunités d’exportation.
M. Belkacemi a souligné que le domaine de l’exportation n’est pas l’affaire du seul secteur de l’Industrie pharmaceutique, mais qu’il implique plusieurs départements. D’ailleurs, la rencontre de mardi a réuni différents organismes, dont les Douanes, la Banque d’Algérie, la Safex, les assurances et les structures chargées de la promotion des exportations, a-t-il rappelé.
Les participants à la réunion ont chacun, de leur côté, exposé les mesures prises par leur secteur afin de faciliter le travail des opérateurs agréés, en présentant les avantages qui leur sont accordés, les facilitations douanières et administratives, ainsi que les dispositifs bancaires liés à la domiciliation, au rapatriement des recettes et aux délais réglementaires, a indiqué ce responsable, précisant que « des fonds de soutien permettent également d’accompagner la participation des entreprises aux manifestations commerciales internationales afin de faire connaître et de promouvoir le produit national à l’étranger ».
Abordant la question liée à l’exportation des médicaments, notamment vers les pays africains, l’intervenant a souligné que l’Agence nationale des produits pharmaceutiques œuvre actuellement sur les procédures d’enregistrement au niveau local et à l’étranger, pour ce qui est du volet réglementaire.
D’autre part, l’Agence travaille sur la nécessité d’obtenir le niveau de maturité 3 de l’OMS afin de rassurer les partenaires étrangers sur la qualité des produits.
A ce sujet, M. Belkacemi a déclaré que le ministre de l’Industrie pharmaceutique a imposé une dynamique en procédant à une réforme réglementaire se conformant aux recommandations de l’OMS.
Engagée depuis 2025, rappelle-t-il, « cette démarche mobilise les autorités pharmaceutiques, sanitaires et de pharmacovigilance autour d’exigences communes de qualité, de sécurité et d’efficacité », et ce, pour concilier le développement des exportations, la disponibilité des traitements et la consolidation de la souveraineté sanitaire nationale.
Sur le volet lié à l’équilibre entre l’approvisionnement du marché national en produits pharmaceutiques et l’exportation, Redha Belkacemi a assuré que l’Algérie possède des capacités pour satisfaire les besoins locaux. Avec plus de 230 fabricants, les besoins locaux en médicaments sont satisfaits à hauteur de 80 %.
Avec ce nombre important d’établissements de fabrication de médicaments, le pays est en mesure de passer à l’exportation afin de rentabiliser l’outil industriel.
Le ministère de l’Industrie pharmaceutique et quelques fabricants de médicaments, publics et privés, projettent de fabriquer la matière première localement en vue d’augmenter la valeur ajoutée du pays, qui dispose de capacités productives pour la fabrication de cette matière première.
Plusieurs projets sont engagés, notamment à Batna pour le paracétamol, les antalgiques et les anticancéreux, et à Médéa, où Saidal modernise ses installations destinées aux matières premières antibiotiques. « Nous devons être toujours préparés », a insisté le responsable, rappelant les enseignements de la pandémie de Covid-19 et les risques épidémiques persistants en Afrique.
M. Belkacemi a également abordé le chantier lié à l’élaboration de la première liste nationale de médicaments essentiels avant la fin de l’année en cours, comme annoncé par le ministre, en indiquant que ce chantier prioritaire constitue « un gage de souveraineté ».
« Ce référentiel permettra de hiérarchiser les besoins sanitaires, d’assurer la disponibilité continue des traitements prioritaires et d’orienter les investissements industriels », a précisé ce responsable.
Selon lui, cette liste, élaborée par un comité d’experts conformément à la loi 18-11 relative à la santé et au décret 21-224, « servira à identifier les médicaments importés pouvant être fabriqués localement ». Son contenu, notamment le nombre de produits et les familles thérapeutiques concernées, sera communiqué ultérieurement, a fait savoir M. Belkacemi.
Il a également souligné que « face aux risques de pénuries, un dispositif de veille associant plusieurs institutions et partenaires socio-économiques assure déjà le suivi des tensions d’approvisionnement ».
MA
