Dans le cadre de la préservation du pouvoir d’achat des citoyens, de l’amélioration de leur cadre de vie et du soutien à l’investissement productif, le ministre des Finances, M. Mohammed Lamine Lebbou, a présenté lundi le projet de loi de finances (PLF) pour l’exercice 2027 devant la commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN).
Par Ikram Haou
Le ministre des Finances, M. Mohammed Lamine Lebbou, a détaillé les principales prévisions économiques, notamment en matière de croissance. Il a indiqué que celle-ci devrait atteindre environ 4,3 % à la fin de l’année 2026, grâce aux performances de l’activité hors hydrocarbures, dont la croissance devrait s’établir à 4,8 %, ainsi qu’à la reprise du secteur des hydrocarbures, qui devrait enregistrer une croissance de 1 %.
Pour 2027, la croissance économique est prévue à 4,2 %. Les recettes budgétaires devraient dépasser 9 251,1 milliards de dinars, soit une hausse de 7,4 % par rapport à 2026, année durant laquelle elles devraient atteindre 8 611 milliards de dinars. Les dépenses budgétaires devraient, quant à elles, s’établir à 17 251,6 milliards de dinars en autorisations d’engagement (AE) et à 17 882,6 milliards de dinars en crédits de paiement (CP).
Le ministre a également indiqué que le produit intérieur brut (PIB) devrait dépasser 48 723 milliards de dinars en 2026. Les dépenses devraient, pour leur part, atteindre plus de 17 636 milliards de dinars, tout en restant dans les limites des crédits ouverts au titre de la loi de finances 2026. Les recettes recouvrées au titre de la fiscalité pétrolière devraient également s’améliorer pour atteindre 4 157,2 milliards de dinars, grâce à la hausse attendue des exportations d’hydrocarbures en 2026. L’excédent dégagé devrait permettre d’alimenter le Fonds de régulation des recettes (FRR) à hauteur d’environ 1 459 milliards de dinars, a-t-il précisé.
Par ailleurs, les dépenses de transfert devraient s’élever à 4 356,64 milliards de dinars en autorisations d’engagement (AE) et à 4 415,35 milliards de dinars en crédits de paiement (CP). Ces dépenses sont essentiellement destinées aux subventions des produits de large consommation dans le cadre du dispositif de soutien.
Le ministre a également annoncé plusieurs mesures législatives visant notamment à soutenir l’investissement productif, à renforcer la diversification de l’économie, à préserver le pouvoir d’achat et à améliorer le cadre de vie des citoyens. Elles ont également pour objectifs d’élargir l’assiette fiscale, d’optimiser la mobilisation des ressources, de simplifier les procédures, d’accélérer la modernisation de l’administration et de renforcer la conformité fiscale, la transparence ainsi que la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales.
Parmi les mesures prévues dans le projet de loi de finances 2027 pour encourager l’investissement figure la réorganisation du cadre institutionnel qui le régit. Celle-ci repose sur la consolidation du rôle de trois organismes chargés de l’investissement : l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), le Conseil national de l’investissement (CNI) et le Guichet unique de l’investissement, a souligné le ministre.
Le projet prévoit également d’accorder aux fonds d’investissement créés en vertu d’accords internationaux une exonération de l’impôt sur les bénéfices des sociétés (IBS) pendant dix ans à compter du début de leur activité. Par ailleurs, le dispositif relatif à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) serait prorogé jusqu’au 31 décembre 2029. Cette mesure vise à maintenir la réduction de la TVA sur les opérations d’importation et de vente de légumineuses, ainsi que sur la vente de fruits et légumes frais, d’œufs de consommation, de poulets de chair et de dindes produits localement.
Afin de simplifier les procédures et d’accélérer la modernisation de l’administration, M. Lebbou a déclaré que le projet de loi de finances prévoit de rendre obligatoires la déclaration et le paiement à distance pour les contribuables soumis à l’impôt forfaitaire unique (IFU).
Selon le ministre, le projet de loi de finances 2027 s’inscrit dans un contexte international instable, marqué par la persistance des incertitudes géopolitiques, les pressions inflationnistes, les fluctuations des marchés de l’énergie et le ralentissement de la croissance économique mondiale. Il a toutefois souligné que, malgré cette instabilité, l’Algérie poursuit son processus d’adaptation et de transformation structurelle. Les pouvoirs publics continuent ainsi de déployer des efforts pour renforcer la stabilité macroéconomique, a-t-il ajouté.
D’après lui, plusieurs secteurs hors hydrocarbures ont enregistré une progression notable, témoignant des effets progressifs des politiques publiques destinées à améliorer le climat des affaires, à renforcer les infrastructures économiques et à encourager la production nationale. Le gouvernement entend également valoriser les ressources naturelles et développer les capacités locales de transformation.
Enfin, les pouvoirs publics poursuivent leur politique de réalisation des grands programmes d’investissement, en accordant une attention particulière au renforcement de la sécurité alimentaire et hydrique, ainsi qu’à l’accélération de la transition énergétique, a-t-il souligné.
I.H
