Dans le cadre de son rendez-vous de la Mémoire hebdomadaire, le Forum d’El Moudjahid a abrité, hier mercredi 30 septembre 2026, une conférence d’importance historique sous le thème « Les résistances populaires contre l’occupation française ». Organisée en collaboration avec l’association Machaal Ech Chahid, cette rencontre visait à rendre un hommage aux figures emblématiques qui ont façonné la lutte anti-coloniale dans notre pays.
Par Rihab Taleb
L’événement s’est déroulé dans une atmosphère empreinte d’émotion et de ferveur patriotique, marquée par la présence remarquable de familles de martyrs, de représentants du Conseil de la Nation et de l’Assemblée Populaire Nationale.
Les travaux de cette journée de mémoire ont été animés par deux éminents universitaires qui ont apporté un éclairage sur le parcours des grands chefs de la résistance. Le professeur Sofiane Boussif est d’abord intervenu pour retracer le combat héroïque d’Ahmed Bey, le dernier bey de Constantine, en mettant en lumière la ténacité exceptionnelle d’un homme qui a fait face à la machine de guerre coloniale pendant dix-huit longues années. L’intervenant a tenu à redéfinir la notion même d’héroïsme, soulignant que la bravoure ne se résume pas seulement au sacrifice ultime sur le champ de bataille, mais réside tout autant dans la capacité à lutter avec acharnement et à prendre des décisions déchirantes lorsque toutes les issues politiques et militaires se ferment. Le professeur Boussif a également étendu son analyse aux insurrections des Zaatcha et du Sheikh Amoud, en insistant particulièrement sur le rôle déterminant et le patriotisme de la population touarègue dans le Grand Sud algérien.
Prenant la parole dans la seconde partie de la conférence, le professeur Abdelaziz Boukenna, ancien recteur de l’Université d’Alger 2, s’est attaché à analyser l’impact stratégique et moral de Lalla Fatma N’Soumer ainsi que l’émir Abdelkader. À travers un récit captivant, Il a rappelé comment ces figures ont réussi à mobiliser les populations locales et à structurer une opposition ferme face aux avancées de l’armée française. Les débats qui ont suivi ont permis aux personnalités présentées et au public de réaffirmer l’importance de transmettre ce patrimoine historique aux jeunes générations, afin d’ancrer la mémoire collective et de préserver l’héritage de ceux qui se sont sacrifiés pour la souveraineté et la liberté de la nation.
Les organisateurs ont annoncé la tenue de la deuxième partie de ce forum pour le mercredi 4 novembre prochain, un rendez-vous qui s’inscrira au coeur des célébrations du déclenchement de la glorieuse révolution du 1er Novembre 1954. Dans ce même esprit de fidélité à l’histoire, une rencontre commémorative spéciale sera également organisée à l’occasion de la Journée nationale de la diplomatie algérienne, marquant le jour historique où le drapeau de l’Algérie indépendante a été hissé pour la première fois au siège de l’Organisation des Nations Unies le 8 octobre 1962. Cet événement honorera la mémoire du diplomate Réda Houhou, rendant ainsi hommage à l’action internationale et aux hommes qui ont porté la voix et le combat de la nation algérienne sur la scène mondiale.
R.T
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Hommage aux héros de la mère patrie
L’histoire de l’Algérie est marquée par le courage exceptionnel d’hommes et de femmes qui se sont levés contre l’occupation française. Dès les premiers jours de la colonisation, ces leaders ont refusé la soumission et ont lutté avec bravoure pour défendre la terre, la liberté et l’honneur du peuple algérien.
L’Émir Abdelkader : Le fondateur et le stratège
Fondateur de l’état algérien moderne, l’Émir Abdelkader a été le premier grand chef de la résistance armée. Pendant plus de quinze ans, il a réussi à rassembler les tribus et à tenir tête aux armées françaises grâce à son intelligence militaire. Connu pour sa grande culture et sa bonté, il a aussi marqué l’histoire par son respect des prisonniers de guerre, devenant un symbole de justice reconnu dans le monde entier.
Ahmed Bey : Le défenseur de Constantine et de l’Est
Dernier bey de Constantine, Ahmed Bey a dirigé une résistance exemplaire dans l’est du pays. Il s’est illustré en repoussant l’armée française lors du premier siège de Constantine en 1836. Après la chute de la ville, il n’a pas abandonné. ce grand combattant a continué la lutte dans les montagnes des Aurès et le désert pendant dix-huit ans, faisant preuve d’une force et d’une patience admirables.
Lalla Fatma N’Soumer : La voix et le courage du Djurdjura
Dans les montagnes de Kabylie, Lalla Fatma N’Soumer s’est imposée comme une grande figure militaire. Dès son plus jeune âge, elle a mobilisé les habitants et dirigé plusieurs combats importants, notamment la bataille du Haut-Sebaou où elle a battu les troupes françaises. Son courage face aux généraux coloniaux a montré la place essentielle de la femme algérienne dans le combat pour la liberté.
Cheikh Amoud Ben Mokhtar : Le bouclier du Sahara
Dans le Grand Sud, Cheikh Amoud a été le chef de la résistance des Touaregs contre l’avancée coloniale de 1881 à 1923 . Grâce à sa connaissance parfaite du désert età ses attaques rapides, il a mené une guerre sans relâche pour protéger le Sahara algérien. Son parcours prouve que la résistance s’étendait avec la même force à travers tout le pays.
Ces quatre héros restent un exemple d’union, de courage et de dignité pour toutes les générations.
R.T
