Intervenant lors de l’émission « L’invité du jour », émise par la Chaîne III de la Radio algérienne, M. Idir Saci, expert financier, est revenu sur la finalisation du décret présidentiel portant sur la mise en service du guichet unique, qui doit prendre effet fin septembre courant.
Par Malika Azeb
M. Saci a indiqué que l’entrée en vigueur du décret présidentiel est cruciale pour stimuler l’investissement en Algérie, expliquant que « l’entrée en vigueur du décret présidentiel intervient suite à une évolution de l’idée du traitement de l’investissement en Algérie, notamment avec la création de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), qui représentait une étape pour la clarification de l’objectif et des garanties que l’Algérie présente aux investisseurs locaux et étrangers ».
Il a également souligné que les autorités nationales ont consenti des efforts afin de répondre au besoin de transparence et de clarification des objectifs économiques du pays, à travers notamment l’AAPI, garantissant cette transparence avec la collaboration d’autres acteurs dans la prise de décisions.
L’intervenant a évoqué le cas du foncier industriel et, après des arbitrages multiples, la décision d’attribution revient au wali, mais avec la participation active de l’AAPI.
« Nous sommes arrivés à un autre cap, qui est celui de donner de l’efficacité dans la prise de décisions en matière de traitement de l’investissement », a-t-il expliqué.
M. Saci a fait savoir que le conseil d’administration de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement se compose désormais de secrétaires généraux des différents ministères, tels que le ministère de l’Industrie, de l’Agriculture, des Finances, de l’Habitat et de l’Environnement, ainsi que de décideurs par décrets présidentiels.
L’objectif est la prise de décision rapide et une délégation de pouvoir pour que les décisions soient tranchées d’une façon rapide et directe, dans un contexte d’interaction entre les différents départements, a déclaré cet expert.
Dans ce contexte, le guichet unique permettra à l’opérateur de finaliser d’une manière rapide la procédure liée à l’investissement.
Ce guichet réduira à terme les délais de traitement des dossiers d’investissement, améliorera l’information et offrira une meilleure visibilité du fait de la réunion de plusieurs départements au sein de l’AAPI, ce qui redéfinira le rôle de l’agence.
Comme il permettra également la décentralisation dans la prise de décision à moyen terme et de centraliser la vision stratégique, notamment le développement territorial, sachant que les pôles industriels sont répartis sur tout le territoire national.
La mise en service rapide du guichet unique par l’AAPI vise à réduire le traitement des dossiers via des canaux numériques. Cette procédure a pour objectif d’attirer les investissements.
Revenant sur la création de nouveaux pôles industriels dans d’autres régions, M. Saci a indiqué qu’elle vise « l’intégration de chaînes de valeur, la concentration, les meilleures statistiques, l’engagement efficace de l’État pour l’investissement, notamment sur le plan sécuritaire ».
Afin de créer des pôles mieux concentrés, cet expert a précisé qu’il faudrait mettre en place une cartographie mieux outillée pour l’intégration de chaînes de valeur, que ce soit sur le plan de la logistique, de la formation professionnelle et de la main-d’œuvre spécialisée, en vue de l’amélioration du travail de prospective.
Lors de son déplacement à Tissemsilt pour inspecter l’entrée en activité de General Plastique Injection, une unité produisant localement des composants et accessoires plastiques pour automobiles, le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a déclaré que les opérateurs locaux agréés doivent s’approvisionner auprès des producteurs nationaux conformément à un cahier des charges, que le Premier ministre a fixé au 31 décembre 2026 concernant le dernier délai pour l’importation des pièces plastiques entrant dans la fabrication et le montage des véhicules.
Dans ce contexte, M. Saci a indiqué que cette décision est très importante pour réduire la facture d’importation, mais « il faudrait évaluer les capacités de stock stratégique et chercher à améliorer nos inventaires à travers des plateformes déclaratives, tout en continuant à travailler avec l’ancien système pour assurer la transition progressive vers le système numérique ».
En ce qui concerne la réduction des importations, comme l’a indiqué le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, l’intervenant plaide en premier lieu pour « la satisfaction du marché local avant d’aller vers l’exportation ».
Évoquant la réforme des banques pour un meilleur accompagnement des opérateurs économiques, sur laquelle le président de la République a insisté, cet expert a indiqué que l’application de cette dernière repose sur la modernisation et la formation.
Il plaide également pour la mise en place du scoring afin d’aider les PME et PMI concernant le crédit et d’imposer aux banques un délai de traitement pour la pérennité de ces entreprises, car elles représentent les chaînes de valeur pour l’économie nationale.
Les prévisions du FMI pour l’Algérie, qui sont de 3,8 % en 2026, témoignent d’une performance durable avec l’aide accordée aux PMI et PME, à travers le traitement rapide et efficace des financements bancaires, a déclaré Idir Saci.
MA
