Trouver un premier emploi n’a jamais été aussi difficile pour la nouvelle génération. Dans son dernier rapport, l’Organisation internationale du Travail a posé des chiffres inquiétants sur ce blocage mondial, le chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans a recommencé à grimper pour atteindre 12,4 %.
Par Rihab Taleb
Cela signifie que 67 millions de personnes se retrouvent sans travail. Plus inquiétant encore, une personne sur cinq dans cette tranche d’âge, soit plus de 257 millions de personnes, ne travaille pas, ne suit pas d’études et ne suit aucune formation. Cette situation ne touche pas seulement les régions les plus pauvres. En Amérique du Nord, le taux est monté à près de 10%, tandis qu’en Europe, il s’installe à 15%, avec une dégradation constatée dans vingt pays sur vingt neuf.
Face à ce phénomène, les grands organismes internationaux recommandent souvent de moderniser l’école, de créer des stages et de proposer de meilleures formations. Mais sur le terrain, la réalité est bien différente et les raisons de cette crise sont beaucoup plus profondes.
La cause principale, la plus violente et la plus directe, c’est la multiplication des guerres et de l’insécurité sur la planète. Lorsqu’un pays est en conflit, l’économie s’arrête net. Les gouvernements dépensent leur argent pour la sécurité et l’armée plutôt que de construire des usines ou d’aider les entreprises à recruter. Les magasins ferment, les investisseurs étrangers s’enfuient et les bâtiments sont détruits. Dans ce climat, plus personne ne cherche à créer des postes. Les habitants et les familles ont une seule urgence, trouver à manger et sauver leur peau par tous les moyens. L’idée même de démarrer une carrière passe après la nécessité absolue de survivre au quotidien.
La transformation du travail par la technologie et l’intelligence artificielle
Tous ces petits boulots qui permettaient autrefois d’entrer dans une entreprise disparaissent un par un. Le classement de documents, le secrétariat, la saisie informatique, l’accueil ou la préparation de commandes en usine sont de plus en plus remplacés par des logiciels ou des machines. Les postes de débutants n’existent presque plus. Quand une entreprise décide d’embaucher, elle demande tout de suite plusieurs années d’expérience et des compétences très précises. Pour un jeune diplômé qui sort de l’école sans réseau, la marche est devenue trop haute.
Le problème ne s’arrête pas là. Les difficultés économiques actuelles rendent les banques méfiantes et les crédits plus chers. Les patrons préfèrent donc attendre avant d’embaucher de nouvelles personnes. De plus, les écarts restent très forts entre les femmes et les hommes, dans plusieurs régions du monde, la proportion de jeunes femmes sans emploi ni formation est deux fois plus élevée que celle des hommes. Enfin, dans les pays peu développés, près de neuf jeunes sur dix sont obligés de travailler sans contrat, dans la rue ou au jour le jour, sans aucune sécurité ni couverture médicale.
Laisser toute une génération au bord du chemin n’est pas seulement un problème économique, c’est une menace pour l’avenir de nos sociétés. Si l’on veut vraiment redonner de l’espoir à la jeunesse, il ne suffira pas d’ajuster des chiffres ou de distribuer des conseils. Il faudra d’abord construire un monde plus stable, plus sûr et plus juste, où chaque jeune trouve enfin sa place
R.T
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Sécurité alimentaire
